Pompom, le lapin des câlins qui reviennent toujours
Le conte de Mia

✦ Contes Pansements ✦
La chambre de Mia était le plus bel endroit du monde entier. Les murs étaient couleur abricot. Doux. Chauds. Comme un rayon de soleil qui reste même quand la nuit arrive. Sur le lit, il y avait une couverture toute moelleuse. Douce comme un nuage. Douce comme un bisou sur le front. Mia aimait y enfoncer ses petits doigts. Elle aimait sentir le tissu entre ses mains. C'était doux. C'était bien. Et là, tout contre elle, il y avait Pompom. Pompom était un lapin. Un lapin gris. Gris comme la brume du matin, gris comme la fumée des biscuits tout chauds. Ses oreilles étaient longues et douces. Son ventre était rond et moelleux. Ses petits yeux noirs brillaient comme deux étoiles minuscules. Mia le serrait très fort. Pas trop fort. Juste comme il faut. Dans la chambre, ça sentait bon. Ça sentait la lavande — une odeur douce, une odeur calme. Ça sentait aussi le linge propre, le linge que maman avait plié avec amour. Et tout au fond, comme un souvenir heureux, ça sentait encore un peu les biscuits du goûter. Par la fenêtre, le vent soufflait doucement dans les feuilles des arbres. Chuuuut. Chuuuut. Comme une chanson très lente. Et au loin, très loin, on entendait un ronronnement doux — comme si toute la maison respirait paisiblement. Mia écoutait. Elle respirait. Elle sentait la chaleur de sa couverture sur ses jambes, sur ses bras, sur ses joues. Pompom était là. Tout contre elle. Toujours là. Et Mia se sentait bien. Elle se sentait en sécurité. Elle se sentait chez elle.
Mais ce soir-là, quelque chose chatouillait le ventre de Mia. Pas un chatouilli rigolo. Non. Un tout petit chatouilli bizarre. Comme une petite boule ronde, là, juste au milieu du ventre. Elle ne savait pas bien ce que c'était. Elle pressait Pompom un peu plus fort contre elle. Demain, il y avait la nouvelle école. Une nouvelle salle. De nouveaux enfants. Une nouvelle maîtresse. Tout nouveau. Tout inconnu. Comme une forêt que l'on n'a jamais traversée. Mia pensait à maman. Elle pensait à papa. Est-ce qu'ils allaient revenir le soir ? Est-ce qu'ils allaient être là quand la journée serait finie ? Ses petits doigts se crispaient un tout petit peu sur les oreilles de Pompom. Son souffle devenait un tout petit peu plus rapide. Juste un peu. Alors Pompom bougea. Doucement. Et il dit, d'une voix toute petite et toute douce : — Mia… tu penses à quoi ? Mia chuchota : — Je pense à demain. Et si maman et papa… et s'ils ne revenaient pas ? Pompom posa une patte douce sur la main de Mia. Il dit lentement : — Ils reviennent toujours, Mia. Toujours. Comme le soleil revient chaque matin. Mia réfléchit. Elle sentait encore la petite boule dans son ventre. Mais quelque chose, tout doucement, commençait à changer. — Et si la nouvelle école est trop grande ? murmura-t-elle encore. — Alors tu emporteras quelque chose avec toi, dit Pompom. Quelque chose de très précieux. Quelque chose que personne ne peut voir… mais que toi, tu sentiras toujours. Mia fronça ses petits sourcils. Elle réfléchissait. Qu'est-ce que c'était, ce quelque chose ?
Pompom sourit. Un tout petit sourire de lapin. Il dit doucement : — Tu te souviens des câlins de maman ce matin ? Tu te souviens comment ses bras sentaient bon ? Mia ferma les yeux. Oui. Elle se souvenait. — Et tu te souviens du bisou de papa sur ton front ? Ce bisou chaud, chaud, chaud ? Oui. Elle se souvenait aussi. — Eh bien, dit Pompom de sa voix la plus douce, ces câlins… ils ne sont pas partis. Ils sont restés. Là, à l'intérieur de toi. Dans ton cœur. Dans ton ventre. Ils attendent juste que tu les retrouves. Mia posa sa petite main sur son ventre. Elle respira lentement. Une fois. Deux fois. Et alors… quelque chose se passa. La petite boule bizarre dans son ventre… elle devint douce. Elle devint chaude. Comme un tout petit soleil qui s'allumait, là, juste à l'intérieur d'elle. Sa main sentait la chaleur. Son ventre se détendit. Ses épaules — ces petites épaules qui étaient montées très haut sans qu'elle s'en rende compte — ses épaules descendirent. Doucement. Comme deux petits oiseaux qui posent leurs ailes. Son cœur battait plus lentement. Boum… boum… boum… Un rythme calme. Un rythme doux. Et Mia comprit. Les câlins de maman et papa voyageaient avec elle. Ils vivaient dans son cœur. Elle pouvait les sentir quand elle voulait. Il suffisait de fermer les yeux. Il suffisait de respirer. Il suffisait de poser la main là, sur son ventre. Pompom, lui, était son messager. Son lapin magique. Il lui rappellerait toujours que l'amour de maman et papa était là — même à l'école, même loin, même quand la journée semblait trop grande. Mia sourit. Un vrai sourire. Un sourire chaud comme les biscuits du goûter. — Merci, Pompom, murmura-t-elle. Et Pompom, tout doux, tout gris, tout aimant, répondit : — C'était déjà en toi, Mia. Depuis toujours.
Mia s'allongea doucement. Sa tête posa sur l'oreiller. L'oreiller était doux. Très doux. Comme un nuage blanc et chaud. Pompom était blotti contre elle. Tout chaud. Tout doux. Mia ferma les yeux. Et elle commença à sentir son corps. D'abord ses pieds. Ses petits pieds tout au bout de ses jambes. Ils étaient chauds. Ils étaient lourds. Ils s'enfonçaient doucement dans le matelas. Les orteils se détendirent. Un par un. Doucement. Puis ses mollets. Ses genoux. Ses cuisses. Tout devenait lourd. Lourd et doux. Comme si le lit les serrait tendrement pour les garder au chaud. Son ventre montait. Et descendait. Montait. Et descendait. Lentement. Doucement. Comme une vague sur une mer très calme. Comme la respiration d'un ours qui dort dans la forêt. Ses bras devenaient lourds. Lourds comme de petits nuages gris et doux. Ses mains s'ouvraient. Les doigts se dépliaient, un par un. Tranquillement. Ses épaules fondaient. Elles glissaient vers le bas. Vers le bas. Doucement. Comme du beurre sur une tartine chaude. Son cou se détendait. Sa mâchoire se relâchait. Ses joues devenaient douces et lourdes. Et ses paupières… ses paupières devenaient de plus en plus lourdes. Très lourdes. Comme si elles portaient de petites plumes douces. Elles clignaient. Une fois. Deux fois. Puis elles restaient fermées. Mia respirait. Lentement. Doucement. Son souffle était calme comme le vent dans les arbres. Chuuuut. Pompom veillait. Tout près. Tout doux. Son cœur à lui battait tout doucement aussi. Et dans le cœur de Mia, le petit soleil brillait toujours. Chaud. Stable. Aimant. Maman et papa reviendraient demain. Comme toujours. Comme le soleil. Mia sourit dans son sommeil. Elle dormait. Elle était bien. Elle était en sécurité. Elle était aimée. Bonne nuit, Mia. Bonne nuit.
Le conte de Mia

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